En quelle année l’immigration portugaise a commencé, comment établir une date? Doit-on prendre en compte la date du premier pélerinage des portugais au sanctuaire de Notre-Dame de Fatima à Wiltz, qui a débuté en 1968? Ou la création de la première association portugaise, les Amitiés Portugal-Luxembourg (APL), en 1969? Ou encore la date des accords de 1971 entre les gouvernements du Luxembourg et du Portugal pour la venue de main-d’oeuvre portugaise? Est-ce qu’il y a eu d’autres évenements avant ceux-lá qui pourraient fixer le début de l’immigration portugaise?
Dans la brochure “Les Portugais au Luxembourg”, l’ASTI publiait en 1992 l’acte de naissance d’une jeune fille portugaise née en 1928 au Grand-Duché, enfant d’un travailleur de l’Arbed. Au CONTACTO nous avons interviewé en 2010 Mme Maria Augusta Esteves, qui habite la région de la Moselle depuis 1955, et qui est venue au pays après s’être mariée avec un Luxembourgeois.
Les tous premiers Portugais sont arrivés au Luxembourg au début des années 1960. Selon la même brochure de l’ASTI, il y avait 26 portugais en 1960 au Luxembourg, mais ce chiffre ne reflète que ceux qui étaient ici officiellement, pas les clandestins. Leur nombre était sûrement beaucoup plus grand. Ces premiers temps, les portugais venaient surtout comme travailleurs saisonniers dans les vignobles de la Moselle. Mais nous savons, par exemple, que certains ont également aidés à la construction du port de Mertert, entre 1963 et 1965.
Est-ce qu’une demi-centaine de personnes dispersées constituent déjà une communauté? Dans son livre “Culture portugaise au Luxembourg” (1973), José Mendes-Costa, le premier consul portugais au Luxembourg, fait l’état des lieux du moment où il est arrivé au Grand-Duché, en 1965. Il écrit qu’avant 1965 il y avait déjà 758 portugais au Luxembourg et qu’en cette seule année de 1965 sont arrivés encore 740. Il parle également d’arrivés massives entre 1968 et 1969, entre 1.000 et 3.000 personnes. Entre 1965 et 1969 seraient donc arrivés au Luxembourg plus de 5.500 portugais, selon les registres de l’époque du Consulat du Portugal, comme Mendes-Costa mentionne dans son livre.
L’actuel Consulat portugais ne dispose malheureusement plus de ces archives. Toutefois, nous avons pu parler avec la première secrétaire du Consulat du Portugal au Luxembourg, Maria José Donven, qui confirme ces chiffres. “Quand j’ai quitté le Consulat en 1970, il y avait déjà près de 11.000 inscrits”, se rappelle Mme Donven - née Maria José Rodrigues de Abreu -, qui est arrivé au Luxembourg en 1963 et a aujourd’hui 71 ans.
Maria José a été recruté comme première secrétaire du Consulat du Portugal, car elle avait déjà était entre 1963 et 1965, l’assistante du consul-honoraire du Portugal à Luxembourg, M. Jean Turk [1919-2013], nommé à ce titre le 17 août 1959.
Le livre du consul Mendes-Costa nous révéle qu’à peu-près la moité - 5.400 portugais - seraient arrivés en cette année de 1970. Cependant, ce chiffre ne reflète pas la réalité, car tant qu’un citoyen portugais n’avait pas besoin d’aller au Consulat, il ne faisait, par consequent, pas partie du registre. Lá encore, le nombre a du être beaucoup plus conséquent. Ce qui est curieux ce sont les chiffres du Statec, qui font état de 1.913 portugais en 1970!
Revenons à 1965. C’est en cette année que nous trouvons la trace du premier évenement organisé par des Portugais. Le dimanche 13 juin 1965 a eu lieu la première Fête du Portugal au Luxembourg. Traditionnellement, le jour de la fête nationale portugaise est célébrée le 10 juin, jour de la mort du poète national, Luiz Vaz de Camões (~1524-10/06/1580).
Cette première fête fut célébrée lors d‘une messe à la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg. La date va d’ailleurs être célébrée para la Mission Catholique Portugaise dimanche prochain, 14 juin 2015, à 17 heures, à l’eglise Sacré-Coeur, à Luxembourg-ville.
La messe à la Cathédrale a été suivi d’un déjeuner à la salle de fêtes Carrefour, qui à l’époque se trouvait au boulevard Royal. Nous retrouvons dans le Luxemburger Wort du 19 juin 1965 un article qui en parle. Sous le titre „Erste ‘Journée Portugaise’ in Luxemburg“, l’article explique que la fête a été organisé par M. Marcel Barnich, responsable du Service Social de la Main d’Oeuvre Etrangère (future Service Social de l’Immigration). Ce que le Luxemburger Wort ne dit pas, mais nous pouvons l’affirmer, c’est que M. Barnich a été aidé par M. Carlos de Pina, fondateur du journal CONTACTO.
Mme Heroína de Pina, veuve de M. Carlos de Pina, se souvient: “Mon mari est arrivé en mai 1964 au Luxembourg. Il connaissait déjà le pays car au Portugal il collaborait avec l’Action Catholique et il était déjà venu avec le père Plácido Guerné visiter le Grand-Duché. Il a travaillé comme éléctricien chez Soclair et après au grands magasins Sternberg Frères. Pendant son temps libre, il organisait des activités pour les Portugais. Il a été un des fondateurs des Amitiés Portugal-Luxembourg (1969) et du journal CONTACTO (1970). Et en 1965, c’est lui qui a eu l’idée d’organiser cette première Fête du Portugal. Il a demandé l’aide de M. Barnich, qui a tout de suite dit oui!”
Mme de Pina, qui a aujourd’hui 79 ans et vit à Mersch, nous montre une des photo de ses archives familiales.
“La seule photo qui existe devant la cathédrale avec les Portugais qui ont participé à cette messe a été faite par mon mari. C’est lui qui a envoyé une invitation pour la fête du 10 juin à l’ambassade du Portugal à Bruxelles et c’est Mendes-Costa, qui était à l’époque encore vice-consul à Anvers, qui est venu!”, nous explique M. de Pina, en nous montrant une copie de l’invitation et la réponse de Mendes-Costa. José Mendes-Costa sera nommé consul du Portugal à Luxembourg en 1966 et inaugurera le premier Consulat portugais au Grand-Duché en mars de la même année.
Dans l’article du Wort du 19 juin, nous lisons: “Pendant la fête furent montrés de films en couleur du Portugal, qui ont reveillés dans les coeurs des portugais des souvenirs de leur patrie. Il y a eu de la musique, des chanteurs et des danseurs portugais, luxembourgeois et cap-verdiens”. Ces derniers, à l’époque, avaient encore la nationalité portugaise, le Cap-Vert n’étant devenu indépendant qu’en 1975. Sur une des deux photos de l’article du Wort, la légende, qui serait aujourd’hui considérée politiquement incorrecte, dit qu’il y avait des “chanteurs à la peau sombre des îles du Cap Vert”.
Selon le Wort, les organisateurs espéraient une centaine de personnes et ont été surpris de voir arriver cinq fois plus de monde! L’article dit qu’à ce moment vivaient au Luxembourg peut-être 1.000 portugais, sans pour autant citer de source. Rappelons que dans son livre, Mendes-Costa dénombre en 1965 quelques 1.500 portugais au Grand-Duché.
L’article du Wort parle aussi de deux jeunes luxembourgeoises, la danseuse Melle Marie-Claire Winandy (élève de Mme Stenia Zapalowska, danseuse polonaise qui vivait à Luxembourg) et la chanteuse Melle Maggy Groff, qui ont reçu des “aplaudissements bruyants du public portugais”.
Le journaliste du Wort nous livre également les propos de M. Barnich en s’adressant à ses convives: Il a remercié les Portugais d‘être venus si nombreux à la fête et au Luxembourg. Il a parlé du vrai besoin que le Luxembourg a en main d’oeuvre étrangère, et il a terminé en souhaitant la construction d’une Europe plus unie. La fête s’est terminé avec l’hymne national portugais”, conclut l’article.
Pouvons-nous assumer cette date comme le début de l’immigration portugaise au Luxembourg? Nous aimerions l’affirmer. En tout cas, une chose est sûre, les Portugais sont bel et bien lá depuis un demi-siècle et ont contribué d’une manière significative au développement du Grand-Duché.
José Luís CORREIA, chef d’édition au journal CONTACTO
in Luxemburger Wort (pages 16-17), 10/06/2015
(version complète du texte qui est paru aujourd'hui dans le Wort)
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quarta-feira, 10 de junho de 2015
Mon "Commentaire" aujourd'hui dans le Luxemburger Wort: "Après 50 ans d'immigration portugaise, 'intégration' reste le mot-clef"
Les premiers Portugais sont arrivés il y a un peu près 50 ans au Luxembourg. Après cinq decénnies d'immigration, il y a beaucoup à fêter: une bonne cohabitation, une assez bonne intégration des deuxièmes et troisièmes générations, un modèle de société qui permet une cohésion et une paix social uniques en Europe.
Si leur parents ont surtout travaillé dans les secteurs du bâtiment et du nettoyage, les Portugais d'aujourd'hui sont présents dans tous les secteurs d'activités: de la restauration à la grande distribution, des affaires aux professions libérales, jusque dans les administrations locales et nationales.
En décembre 2013, le premier ministre d'origine portugaise est entré au Gouvernement: Félix Braz. Pour beaucoup, il reste Portugais, pour d'autres il est tout à fait Luxembourgeois. C'est peut-être ça l'intégration réussie: être accepté comme égal par le pays d'accueil aussi bien que par la communauté d'origine.
L'ascenseur sociale ne fonctionne malheurseuement pas pour tous. Si les enfants portugais naissent ou arrivent en bas âge au pays, ils sont plus à même de réussir à l'école et, par conséquent, plus tard dans le monde du travail. Une vie réussie rime avec reconnaissance. Ceux qui arrivent plus tard rencontrent plus souvent des difficultés avec l'apprentissage des langues à l'école. L'échec scolaire ou le fait de devoir choisir un métier autre que celui dont on révait peuvent vite devenir synonyme d'échec personnel. Ce qui peux entraîner un rejet de la société ou le sentiment de vivre en marge. Ce ressentiment ne profite ni à la société, ni au jeune. Malheureusement, en 50 ans, nous n'avons pas encore su résoudre ce problème.
Il y a beaucoup d'autres chantiers, comme celui-ci, à défricher. Un autre a peut-être été ouvert dimanche dernier, avec le référendum.
Le "non" massif sur le droit de vote des étrangers a peut-être ouvert une plaie, qu'il ne faut pas laisser béante. Les uns se sont exprimer comme nation qui veut préserver sa langue et son identité. Les autres se sont senti rejetés, alors qu'ils vivent ici depuis des années. Des sentiments légitimes des deux côtés.
Après 50 ans, "intégration" reste le mot-clef pour maintenir la cohésion sociale, qui se fragilise. Mais l'intégration doit être perçu comme un effort que les deux côtés doivent fournir. Ne vivons pas dos à dos. Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare.
José Luís Correia, chef d'édition du journal CONTACTO
in Luxemburger Wort, 10/05/2015
(texte complet de celui publié aujourd'hui dans le Luxemburger Wort)
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quarta-feira, 3 de junho de 2015
EDITORIAL in JORNAL CONTACTO: "Caros Luxemburgueses/Dear Luxemburgers"
Monopolizou as atenções e quase fez esquecer que o referendo incluirá mais duas questões, uma sobre o limite dos mandatos no governo e a outra sobre o direito de voto a partir dos 16 anos.
A política desceu à rua. Ainda bem, devo dizer, as pessoas interessam-se habitualmente tão pouco pela política. Pena é que seja por uma questão que é vista como um direito óbvio para uns, mas que é vivida por outros como um ultraje máximo, o que justifica a luta aguerrida para defender o que consideram ser o último baluarte da soberania nacional: as eleições para a Câmara dos Deputados.
A legalização do aborto, da eutanásia ou do casamento homossexual geraram menos polémica. A última vez que vi os ânimos se exaltarem tanto foi durante a votação da dupla nacionalidade no Parlamento, em Outubro de 2008. Parecia que se estava a debater o fim da monarquia luxemburguesa.
Hoje, sete anos depois, acontece o mesmo, só que as vozes subiram de tom, as discussões criaram divisoes dentro de grupos com a mesma sensibilidade política, entre vizinhos e amigos, e têm até minado alguns almoços de família. O debate estendeu-se também às redes sociais, onde os cobardes se escondem atrás de falsos perfis para insultar impunemente quem não pensa da mesma forma.
O Luxemburger Wort (LW), que edita também o CONTACTO, tomou uma decisão corajosa no dia 22 de Maio, e fê-la saber publicamente: apesar de as sondagens indicarem que a maioria dos luxemburgueses (que são os seus leitores e assinantes de sempre) votaria contra o direito de voto dos estrangeiros, o jornal assumiu a defesa da participação dos não-luxemburgueses nas legislativas. Vindo do maior diário do país, tão antigo como a própria nação e que é visto como uma instituição pelos luxemburgueses, é uma mensagem muito forte.
Posso revelar-vos que aqui nas redacções do grupo – LW, CONTACTO, Télécran, Wortex e wort.lu – organizámos um “referendo interno” para saber quem era favor do voto dos estrangeiros. Ganhou o “sim“, o que confirmou a posição assumida pela chefia de redacção do grupo. Foi interessante saber como pensam as pessoas que trabalham connosco.
Na Redacção do CONTACTO somos todos a favor do direito de voto dos estrangeiros. É nas outras duas questões que as opiniões se dividem. Para mim, os argumentos para o “sim” à participação política são simples:
- Vivo, trabalho e pago impostos no Luxemburgo, é aqui que devo ter o direito de eleger o Parlamento que vota as leis que interferem directamente na minha vida. Contribuo laboral, financeira, económica e culturalmente para este país, não interessa a minha nacionalidade, não devo ter só deveres, mas também direitos, e participar na política nacional deve ser um deles. – Se um cidadão americano ou australiano, que nunca pôs os pés no Grão-Ducado, com um antepassado luxemburguês nascido depois de 1901, pode pedir a nacionalidade luxemburguesa e ter o direito de votar, de sobremaneira um estrangeiro que resida no Luxemburgo há anos e que já muito fez em prol do país deve usufruir do mesmo direito.
- Ao contrário do que muitos defendores do “não” alegam, o que está em causa não é o direito de ser eleito, mas o de eleger. Ouvi muitos defensores do “não” dizer que temem que os portugueses se organizem para eleger um partido português para o Governo. Que absurdo! As eleições comunais mostraram que os portugueses (em geral) votam da mesma forma que os luxemburgueses, em maioria no CSV. Quanto a ministros “estrangeiros” já os há no actual Governo e já os havia até no anterior, ou por acaso Gira, Gramegna, Braz e Di Bartolomeo são nomes “de gema” luxemburgueses? E então, qual o problema? Tudo isto é perfeitamente normal num país fortemente marcado há século e meio pela imigração.
- Aos que preconizam que para se poder votar é preciso ser luxemburguês e/ou dominar o luxemburguês, que é a língua da política, eu respondo: muitos já se naturalizaram e continuam a não dominar a língua. Depois, a língua da política é também, muitas vezes, o francês. A Constituição do Luxemburgo está em francês (boa sorte aos constitucionalistas que pretendam redigir a Constituição em luxemburguês) e na Câmara dos Deputados a maioria das questões parlamentares é redigida em francês.
- Atribuir o direito de voto a um estrangeiro que resida há vários anos no país é um passo para uma maior integração, porque é um sinal de aceitação e de mútuo reconhecimento. Para mim esta palavra – reconhecimento – é determinante para a coabitação, a coesão e a paz sociais, porque surge em oposição a “ressentimento”, que provoca o recuo identitário e fissuras na sociedade, com as consequências que todos conhecemos.
- Dar o direito de voto aos estrangeiros não mudará na sua essência, nem o Luxemburgo, nem a política do país, mas restabelecerá um pouco de equidade social e equilibrará o défice democrático de que o Grão-Ducado padece.
- Não é por se dar a possibilidade aos não-luxemburgueses de votar que o país mudará na sua cultura ou identitadade: o Luxemburgo já está em mutação há décadas, “graças”, e não “por causa” da imigração. E isto não deve ser visto como um problema, antes como uma mais-valia. A diversidade enriquece, saibamos aproveitar a oportunidade que a História nos dá. Hoje, o Luxemburgo somos todos nós, e isso também se deve reflectir no sufrágio para o Parlamento.
José Luís Correia
in CONTACTO, 03/'06/2015
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sexta-feira, 25 de abril de 2014
Os portugueses querem um novo 25 de Abril!
Portugal festeja hoje os 40 anos da Revolução dos Cravos. O sentimento hoje deveria ser de festa, para comemorar uma revolução que ficou na história como um golpe militar pacífico, em que praticamente não houve efusão de sangue, uma revolução à portuguesa, levada pelo povo dos brandos costumes, feita com flores nos canos das espingardas. Brandos, pacíficos, mas firmes na decisão de retirar do poder a ditadura opressora e obscurantista que tiranizou o país durante quase meio século, o enlameou numa guerra colonial que deixava o país exangue das suas finanças e da sua juventude, o isolou internacionalmente e quase extinguiu a faísca de democracia que tinha nascido com a Primeira República (1910-1926).
No entanto, para muitos portugueses, o sentimento no dia de hoje é de desilusão, perante o que muitos consideram uma traição aos ideais do 25 de Abril de 74. A austeridade imposta pela troika não se deveu à leviandade económica com que muitos portugueses teriam vivido nos anos 90 e início dos anos 2000, como chegou a acusar o gestor de um grande grupo económico português. Quem incentivou o crédito irresponsável a torto e a direito (até para passar férias na República Dominicana) foi Vitor Constâncio, que era governador do Banco de Portugal e é hoje um dos vices-presidentes do BCE.
O país está no estado em que está devido a essas e outras derivas do poder politico nos últimos 20 anos, quer seja de direita como de esquerda (cavaquismo, guterrismo, socratismo). Muitos deputados estão bem mais atarefados a defender os seus próprios interesses, os das empresas e os dos poderosos gabinetes de advogados a que pertencem e para os quais trabalham, paralelamente às suas funções no Parlamento, do que em servir o povo que são suposto representar.
Hoje o povo é livre, mas muitos não têm pão. "Só há liberdade a sério quando houver a paz, o pão, habitação, saúde, educação", já cantava Sérgio Godinho em 1974. A paz é a única que é garantida... para já. As outras conquistas têm vindo a sofrer de erosão, e vão escapando a cada vez mais portugueses. A fome e a miséria voltaram às ruas. Às ruas de um país da UE, que é considerada um exemplo civilizacional e político.
O povo exaspera-se e protesta: os três D - democratizar, desenvolver e descolonizar - do 25 de Abril, os portugueses substituiram-nos por três novos “D”: desobedecer, “destroikar” e demitir [o Governo]. O povo manifesta-se, mas acaba por emigrar. Não havia tanta emigração (mais de 100 mil por ano) desde os anos 60. Fugiam da ditadura e da miséria, hoje fogem em busca de um futuro que o seu próprio país lhes quer negar.
José Luís Correia
in Luxemburger Wort, 25/04/2014 (Der Kommentar, seite 3)
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(version française)
Les portugais veulent un nouvelle révolution!
Le Portugal fête aujourd’hui les 40 ans de la Révolution des Oeillets. Les esprits devraient être à la fête, pour commémorer une révolution qui est entrée dans l’histoire comme un coup d’Etat pacifique, sans presque aucune effusion de sang, une révolution à la portugaise, menée par le peuple aux “moeurs douces”, fleurs aux fusils. Une révolution pacifique donc, mais dans la détermination à se défaire d'une dictature oppressante et obscurantiste qui a tyrannisé le pays pendant presque un demi-siècle, qui l’a embourbé dans une guerre coloniale le laissant exsangue de ses finances et de sa jeunesse, l’a isolé sur le plan international et a presque éteint l’étincelle de démocratie née avec la Première République (1910-1926).
Cependant, pour beaucoup de Portugais, le sentiment aujourd’hui est de déception, face à ce que beaucoup d'entre eux considèrent comme une trahison des idéaux du 25 avril 1974.
L’austérité imposée par la Troïka n'est pas due à la frivolité économique avec laquelle beaucoup de Portugais auraient vécu pendant les années 90 et au début des années 2000, selon l'insinuation du p.d.g. d’un grand groupe économique portugais. L'homme qui a encouragé le crédit irresponsable et à tout crin (même pour passer des vacances en République Dominicaine), c’est Vitor Constâncio, qui fut gouverneur de la Banque Centrale portugaise et est aujourd'hui un des vice-présidents de la BCE.
Le pays se trouve dans l’état qui est le sien aujourd'hui à cause de dérives comme celle-ci et d’autres encore du pouvoir politique des 20 dernières années, qu’il soit de droite ou de gauche (Cavaco Silva, António Guterres et José Socrates).
Beaucoup de députés portugais sont bien plus affairés à servir leur propres intérêts, ceux des entreprises et des puissantes études d’avocats pour lesquels ils travaillent parallèlement à leurs fonctions au Parlement, qu’à servir le peuple qu’ils sont appelés à représenter.
Aujourd’hui le peuple est libre, mais beaucoup manquent de pain. “Il n’y aura de vraie liberté que lorsqu'il y aura la paix, du pain, des logements, la santé et l'éducation”, chantait déjà Sérgio Godinho en 1974. La paix seule est acquise... pour l’instant. Pour le reste il s'agit de conquêtes qui souffrent une érosion, et qui échappent à chaque fois à plus de Portugais. La faim et la misère sont à nouveau dans les rues. Dans les rues d’un pays de l’UE, pourtant considérée comme un exemple civilisationnel et politique. Le peuple s’exaspère et proteste: les trois D du 25 avril 1974 – “démocratiser, développer et décoloniser” – ce peuple les remplace désormais par trois nouveaux “D”: désobéir, “dé-troiker” (sortir de la troika) et démettre (le gouvernement). Le peuple manifeste, mais finit par émigrer. Il n’y avait pas autant d’émigration (plus de 100.000 par an) depuis les années 60. Les Portugais fuyaient alors la dictature et la misère, aujourd’hui ils fuient à la recherche d’un avenir que leur propre pays leur refuse.
José Luís Correia
(in wort.lu/de, 25/04/2014)
No entanto, para muitos portugueses, o sentimento no dia de hoje é de desilusão, perante o que muitos consideram uma traição aos ideais do 25 de Abril de 74. A austeridade imposta pela troika não se deveu à leviandade económica com que muitos portugueses teriam vivido nos anos 90 e início dos anos 2000, como chegou a acusar o gestor de um grande grupo económico português. Quem incentivou o crédito irresponsável a torto e a direito (até para passar férias na República Dominicana) foi Vitor Constâncio, que era governador do Banco de Portugal e é hoje um dos vices-presidentes do BCE.
O país está no estado em que está devido a essas e outras derivas do poder politico nos últimos 20 anos, quer seja de direita como de esquerda (cavaquismo, guterrismo, socratismo). Muitos deputados estão bem mais atarefados a defender os seus próprios interesses, os das empresas e os dos poderosos gabinetes de advogados a que pertencem e para os quais trabalham, paralelamente às suas funções no Parlamento, do que em servir o povo que são suposto representar.
Hoje o povo é livre, mas muitos não têm pão. "Só há liberdade a sério quando houver a paz, o pão, habitação, saúde, educação", já cantava Sérgio Godinho em 1974. A paz é a única que é garantida... para já. As outras conquistas têm vindo a sofrer de erosão, e vão escapando a cada vez mais portugueses. A fome e a miséria voltaram às ruas. Às ruas de um país da UE, que é considerada um exemplo civilizacional e político.
O povo exaspera-se e protesta: os três D - democratizar, desenvolver e descolonizar - do 25 de Abril, os portugueses substituiram-nos por três novos “D”: desobedecer, “destroikar” e demitir [o Governo]. O povo manifesta-se, mas acaba por emigrar. Não havia tanta emigração (mais de 100 mil por ano) desde os anos 60. Fugiam da ditadura e da miséria, hoje fogem em busca de um futuro que o seu próprio país lhes quer negar.
José Luís Correia
in Luxemburger Wort, 25/04/2014 (Der Kommentar, seite 3)
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(version française)
Les portugais veulent un nouvelle révolution!
Le Portugal fête aujourd’hui les 40 ans de la Révolution des Oeillets. Les esprits devraient être à la fête, pour commémorer une révolution qui est entrée dans l’histoire comme un coup d’Etat pacifique, sans presque aucune effusion de sang, une révolution à la portugaise, menée par le peuple aux “moeurs douces”, fleurs aux fusils. Une révolution pacifique donc, mais dans la détermination à se défaire d'une dictature oppressante et obscurantiste qui a tyrannisé le pays pendant presque un demi-siècle, qui l’a embourbé dans une guerre coloniale le laissant exsangue de ses finances et de sa jeunesse, l’a isolé sur le plan international et a presque éteint l’étincelle de démocratie née avec la Première République (1910-1926).
Cependant, pour beaucoup de Portugais, le sentiment aujourd’hui est de déception, face à ce que beaucoup d'entre eux considèrent comme une trahison des idéaux du 25 avril 1974.
L’austérité imposée par la Troïka n'est pas due à la frivolité économique avec laquelle beaucoup de Portugais auraient vécu pendant les années 90 et au début des années 2000, selon l'insinuation du p.d.g. d’un grand groupe économique portugais. L'homme qui a encouragé le crédit irresponsable et à tout crin (même pour passer des vacances en République Dominicaine), c’est Vitor Constâncio, qui fut gouverneur de la Banque Centrale portugaise et est aujourd'hui un des vice-présidents de la BCE.
Le pays se trouve dans l’état qui est le sien aujourd'hui à cause de dérives comme celle-ci et d’autres encore du pouvoir politique des 20 dernières années, qu’il soit de droite ou de gauche (Cavaco Silva, António Guterres et José Socrates).
Beaucoup de députés portugais sont bien plus affairés à servir leur propres intérêts, ceux des entreprises et des puissantes études d’avocats pour lesquels ils travaillent parallèlement à leurs fonctions au Parlement, qu’à servir le peuple qu’ils sont appelés à représenter.
Aujourd’hui le peuple est libre, mais beaucoup manquent de pain. “Il n’y aura de vraie liberté que lorsqu'il y aura la paix, du pain, des logements, la santé et l'éducation”, chantait déjà Sérgio Godinho en 1974. La paix seule est acquise... pour l’instant. Pour le reste il s'agit de conquêtes qui souffrent une érosion, et qui échappent à chaque fois à plus de Portugais. La faim et la misère sont à nouveau dans les rues. Dans les rues d’un pays de l’UE, pourtant considérée comme un exemple civilisationnel et politique. Le peuple s’exaspère et proteste: les trois D du 25 avril 1974 – “démocratiser, développer et décoloniser” – ce peuple les remplace désormais par trois nouveaux “D”: désobéir, “dé-troiker” (sortir de la troika) et démettre (le gouvernement). Le peuple manifeste, mais finit par émigrer. Il n’y avait pas autant d’émigration (plus de 100.000 par an) depuis les années 60. Les Portugais fuyaient alors la dictature et la misère, aujourd’hui ils fuient à la recherche d’un avenir que leur propre pays leur refuse.
José Luís Correia
(in wort.lu/de, 25/04/2014)
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quarta-feira, 5 de julho de 2006
Fórum "Luxemburgo, terra de acolhimento": Mais apoio aos alunos e um diálogo sistemático entre pais e professores
| Marion Bur (La Voix du Luxembourg), Pierre Lorang (Luxemburger Wort), Luís Barreira (Rádio Latina) e José Luís Correia (CONTACTO) moderaram o debate Foto: Guy Jallay |
Uma maior participação e incentivo dos pais na carreira escolar do aluno, professores mais sensibilizados para ajudar as crianças em dificuldade e um maior diálogo entre os corpos docentes e os encarregados de educação foram alguns dos principais pontos discutidos num debate livre e aberto promovido pelo CONTACTO, Rádio Latina, "Wort" e "Voix du Luxembourg", que decorreu no edifício-sede do grupo, em Gasperich, em 29 de Junho último.
Neste primeiro fórum "Luxemburgo, terra de acolhimento" sobre a temática dos alunos portugueses que frequentam o sistema de ensino luxemburguês, foram também vários os intervenientes a sublinhar a importância de adaptar melhor a escola luxemburguesa à chegada constante de alunos estrangeiros (e não apenas portugueses!), de forma a não os canalizar inevitavelmente para o insucesso escolar.
Para isso, o Luxemburgo deve definitivamente assumir-se como país de acolhimento, opinaram os participantes, e não apenas com uma terra de imigração e de passagem. Alertou-se ainda para que os pais tomem também consciência de que, ao emigrarem, se torna necessário acompanhar com maior atenção o percurso escolar dos seus filhos.
Para estes, a mudança é vivida, frequentemente, de forma perturbadora. Dependendo da idade, a maior ou menor dificuldade de adaptação ao novo país passa sobretudo pelo sucesso escolar, que continua a ser a melhor garantia de integração, de realização pessoal e de bases sólidas para o futuro.
A questão das línguas na escola luxemburguesa, as turmas de acolhimento, a escola de tronco comum, as aulas integradas de Português, as barreiras culturais e sócio-políticas, foram igualmente abordados. Um suplemento detalhado sobre este debate será publicado brevemente no CONTACTO.
Marcaram presença neste fórum mais de duas dezenas de convidados, entre representantes das autoridades portuguesas no Luxemburgo e do Ministério da Educação luxemburguês, Coordenação do Serviço de Ensino do Português, Centro de Psicologia e de Orientação Escolar (CPOS), associações de pais de alunos portugueses, associações federativas que trabalham com o movimento associativo português (CLAE, ASTI, CASA, APL, etc.), sindicatos, além de outras entidades e colectividades.
Os próximos fóruns "Luxemburgo, terra de acolhimento", previstos para Setembro e Novembro próximos, abordarão a integração sócio-política da comunidade portuguesa e a problemática do movimento associativo português.
in CONTACTO, 05/07/2006
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